Les cobots s’introduisent dans la filière automobile

0

20.09.13 Les cobots s’introduisent dans la filière automobile

humanoides_fr_UR5_Volkswagen_cobot_1
   

Le constructeur automobile Volkswagen est à bien des égards un des plus innovants et des plus influents de sa filière : il le prouve encore une fois, non pas au niveau du design ou des performances de ses voitures, mais au niveau de ses méthodes de production. L’allemand vient d’équiper un de ses centres avec un cobot, ces robots collaboratifs qui travaillent main dans la main avec les ouvriers.

Ce n’est pas anodin si une grande firme comme Volkswagen commence à utiliser des cobots. Elle envoie un signal fort à toute l’industrie automobile, et par conséquent, à toute l’industrie tout court.

En production, les robots ont longtemps été cantonné à des tâches bien spécifiques. Ils étaient placés à l’écart du reste de l’usine, souvent mis en cage, pour des raisons de sécurité. Il est vrai que du temps du Unimate 001, le premier robot que la General Motors fit tourner dans ses usines en 1962, ces machines n’inspiraient pas forcément la confiance et ne garantissaient pas un niveau de sécurité optimal.

Depuis, la robotique a fait énormément de progrès, et des robots intelligents d’un nouveau genre ont vu le jour : les cobots. Des robots qui ne nécessitent pas de programmation de la part de l’utilisateur et qui sont capables de reproduire les gestes d’un ouvrier rien qu’en le « regardant » faire. On dit « regarder » puisqu’en réalité il le filme. Deux de ces machines sortent du lot : le robot Baxter dont on a beaucoup parlé ces derniers temps et son concurrent danois, l’UR5 de la société Universal Robots.

Un partenariat européen qui fonctionne

Le groupe Volkswagen s’est donc associé au danois Universal Robots et à Faude Automatisierungstechnik, distributeur de l’UR5 en Allemagne, pour équiper son centre de production de moteurs de Salzgitter, situé en Basse Saxe.

humanoides fr UR5 Volkswagen cobot

Cette gigantesque usine de 2,8M de mètres carrés fabrique 7 000 voitures diesel et à essence par jour. Les 6 000 ouvriers de ce centre viennent tout juste d’accueillir un nouveau collègue très spécial : un cobot.

Cette version du robot à 6 axes UR5, est une version taillée sur mesure pour les besoins de l’usine Volkswagen. C’est le plus petit modèle de la gamme de robots d’Universal Robots. Normal, puisqu’il est fait pour travailler en étroite collaboration avec les humains. Il est aussi l’un des plus légers puisqu’il ne pèse que 18 kg.

L’idée de Volkswagen est d’automatiser les tâches pénibles et répétitives pour ses ouvriers. L’UR5 va soulager le travail de deux employés, qui consiste à insérer les bougies de préchauffage dans une culasse très étroite. Pour cela, le bras robot danois peut soulever des pièces pesant jusqu’à cinq kilogrammes. Pour comparaison, le robot Baxter soulève des masses jusqu’à 2,27 kg.

Volkswagen a également choisi l’UR5 car il est le seul robot conforme à la norme ISO/TS 15066 lui permettant de travailler hors d’une cage et d’être en contact avec les hommes. Pour ce genre de robots, il est primordial d’anticiper les risques d’accident et pour cela on équipe les cobots de systèmes de commande sûrs, qui surveillent en permanence tous les mouvements du robot et le stoppent immédiatement si la vitesse ou la force exercée sont trop élevées.

La norme ISO/TS 15066 (Robots and robotic devices – Industrial collaborative workspace) détermine les valeurs limites tolérables chez l’homme après un impact provoqué par une collision avec le robot.

Créée en 2005 la société danoise Universal Robots commercialise depuis 2009 ses premiers UR5 en Allemagne et au Danemark. Elle compte parmi ses clients des acteurs dans l’industrie de l’emballage, du tabac et dans l’automobile (BMW).

Universal Robots ne compte pas en rester là. Le deuxième plus grand constructeur automobile qu’est VW, vient de lui ouvrir les portes d’une de ses usines mais il en compte cent dans le monde. De plus, il vient de s’introduire dans le cercle très fermé des sous-traitants robotiques de l’industrie auto. Cercle traditionnellement réservé aux mastodontes de la robotique lourde comme Kuka

Plus généralement, les robots collaborarifs ont franchi un nouveau cap : ils sont passés du rang de robots pour PME au rang de robots pour l’industrie à plus grande échelle.

Ces sujets vous intéresseront aussi :

Commentaires