Avec SAMI, le CRIIF mise sur un semi-humanoïde pour le grand public

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25.03.14 Avec SAMI, le CRIIF mise sur un semi-humanoïde pour le grand public

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SAMI est un robot semi-humanoïde avec une base mobile à roues. Avec ce robot plus simple à mettre en oeuvre chez les gens qu’un robot humanoïde à jambes, le CRIIF vise le grand public et espère voir son petit protégé s’introduire un jour dans les foyers français.

Avec son torse anthropomorphe, ses bras aux degrés de liberté égales aux nôtres (sept degrés sans compter ses doigts), et sa tête remplie d’actionneurs, SAMI a tout du robot compagnon idéal. Malgré un physique imposant, SAMI se démarque des autres robots par son mode de contrôle.

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En effet, rien de plus simple ! On prend le contrôle du robot à distance avec un capteur de type Kinect 2, et le robot reproduit tous les mouvements du pilote. Alors que le pilote porte des lunettes de type Oculus Rift, il va être complètement immergé dans le monde de SAMI, dans son environnement, et va pouvoir interagir avec la personne qu’il veut aider à son domicile.

Mais le chemin est encore long avant que la porte des foyers soit grand ouverte à SAMI. Premièrement, SAMI est encore sous sa forme prototype. Le CRIIF a reçu des subventions à hauteur de 100 K€ pour cette première version démarrée il y a deux ans, mais la plateforme doit encore évoluer. Ensuite, parce que le délai de mise sur le marché est long sur ce type de robot complexe, d’autant plus que l’objectif fixé est de proposer ce robot à un prix abordable. Finalement, parce qu’en le testant auprès de personnes âgées, le CRIIF s’est aperçu que le fait qu’il soit autonome et qu’il soit capable de prendre des décisions tout seul, leur fait peur.

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De multiples applications où SAMI sait se rendre utile

SAMI peut rendre bien des services au quotidien et en plus, avec le sourire ! Grâce à ses capteurs d’environnement et ses différents moteurs internes, il est capable d’effectuer des gestes aussi naturels que les nôtres pour par exemple apporter des médicaments, se saisir d’un verre d’eau et le tendre à une personne, aider une personne à se relever en cas de chute… Bref, il peut porter assistance à des personnes qui en ont besoin et se substituer à un être humain le temps que les secours arrivent sur place par exemple.

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Et s’il peut inspirer méfiance chez certains personnes âgées, malgré son allure avenante, SAMI possède une fonctionnalité redoutable : son contrôle à distance. Tandis que le robot est tranquillement installé chez une personne âgée, c’est la famille, le médecin ou l’aide soignante qui vont pouvoir prendre le contrôle et commander SAMI. Cela rassure la personne âgée et également son entourage, qui savent que quand SAMI bouge, c’est parce que quelqu’un de confiance est en train de s’en servir.

C’est ainsi que peu à peu, la personne âgée va s’habituer à SAMI et va à terme vouloir exploiter la capacité du robot à être autonome. En effet, si à chaque fois qu’elle a soif, la personne est obligée de faire appel à quelqu’un pour qu’il prenne le contrôle du robot et lui apporte un verre d’eau, cela risque d’être lourd à gérer au quotidien. La personne demandera d’elle même à ce que SAMI puisse être autonome et lui apporte son verre d’eau au moment où elle le demande.

En rajoutant des degrés d’autonomie au fur et à mesure, les utilisateurs vont pouvoir se l’approprier et l’accueil d’un SAMI à la maison sera des plus favorables.

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Le CRIIF travaille sur des applications commerciale de son robot compagnon

Le CRIIF (Centre de Robotique Intégrée d’Ile de France) est un laboratoire de R&D à fonds privés, qui bénéficie du crédit impôt recherche. L’équipe dirigée par Rodolphe Hasselvander est toujours à la recherche de subventions bien sûr, mais également de nouveaux défis et projets innovants à accompagner.

Par exemple, en ce moment, le CRIIF travaille avec une agence de communication pour étudier comment utiliser SAMI dans les défilés de mode. Autre voie de recherche et d’éventuels revenus : habiller SAMI de la tête aux pieds (si on peut s’exprimer ainsi) et le placer dans les vitrines des magasins afin d’interpeller les clients potentiels et les curieux. La personne verra le robot derrière la vitrine, se positionnera devant lui et bougera ; simultanément, SAMI reproduira les mouvements de la personne et celle-ci pourra se rendre compte du rendu des vêtements sur son corps.

Ce type d’application commerciale pourrait permettre au CRIIF d’atteindre son objectif : produire des robots SAMI accessibles au grand public en dessous des 20.000 euros. Un autre projet baptisé Buddy, qui fera l’objet d’un prochain article, devrait également permettre au CRIIF de garantir de nouveaux revenus.

Site web du CRIIF

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